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Posté le 29 février 2000 dans au fil des projets, Chi Ocsha -> lien permanent
Artemisia Gentileschi, Homepage

artemisia.technart.net - introduction

Je m’appelle Artemisia

J’ai oublié comment les choses se sont passées…

Voilà  simplement une histoire. Une histoire qui vous appartient…

Parce que c’est vous qui la faites exister. Une histoire que je raconte pour vivre. Celle d’une fille de mon âge ou presque. Celle d’une vie pensée comme un rêve. Celle d’un devenir pas forcément très clair…
C’est mon histoire et celle des gens que j’essaie d’aimer… C’est l’histoire d’une image qui traverse la réalité pour essayer de se voir quelque part ailleurs que dans un miroir.

j’aime Artemisia.

Ma soeur, artemisia est née le 22 janvier 1969 à  El Tiente pas très loin de Santiago de Chile. Elle a grandi dans notre village, elle était adorable, si belle que j’ai du mal à  décrire son visage, elle illuminait votre coeur à  chaque fois qu’elle vous souriait. Elle aimait passer son temps à  rire, les plus vieux souvenirs que j’ai d’elle, ce sont des éclats de rire. Une fois, je me rappelle que mon père s’était endormi sur la terrasse de notre petite maison avec artemisia sur son ventre. Elle le regardait ronfler et ça la faisait rire, et quand j’avais monté les trois marches qui séparait le jardin de la terrasse, elle s’était retournée vers moi et m’avait offert un de ces sourire que l’on oublie jamais. Elle a très vite montré qu’elle serait une artiste, elle peignait et dessinait beaucoup.

Ce qu’elle aimait le plus c’est passer du temps assise par terre pas très loin de la maison, il faut dire que le sol où nous habitions était très pur, et donc elle prenait des poignées de terre et les triait, je ne sais pas ce qu’elle y cherchait, mais en tout cas elle la triait et la petite quantité qu’elle sélectionnait lui servait de base pour la peinture qu’elle allait faire.
Elle était la plus belle. Quand le drame est arrivé en 1975, je ne savais pas comment la protéger, c’était si violent, je n’ai pas pu l’empêcher de tout voir.

Elle était la plus belle. Quand le drame est arrivé en 1975, je ne savais pas comment la protéger, c’était si violent, je n’ai pas pu l’empêcher de tout voir.
On a été tout de suite séparés, on l’a emmenée loin…
et après c’est moi qu’on a emmené encore plus loin, je n’ai jamais réussi à  avoir de ses nouvelles, et j’ai passé ma vie à  essayer de la retrouver, ou que je sois, je voulais qu’elle soit là  avec moi.

j’aime l’autre Artemisia, celle qui a peint si fort.

C’est inimaginable comme ces toiles me parlent, quand je les vois, je fais corps avec elles, elles sont si fortes, si tristes… elle a du tellement souffrir.
J’aurai voulu être là  pour lui dire que je l’aimais.

j’aime la roumanie, là  où mon frère Vathek a passé sa jeunesse.

j’aime le chili, le pays de mon enfance.

artemisia.technart.net - passage

j’aime y retourner, essayer de retrouver des traces de mon passé.

J’éssaie d’aller là  bas tous les deux ou trois ans, c’est vrai que partir en expédition me coute assez cher, mais je me doit bien ça et peut -être qu’un jour, au détour d’un de ces petits villages, je retrouverai des souvenirs qui m’étaient très chers.

La dernière fois que j’y suis allée en septembre 1998, je suis restée trois semaines à  arpenter les plaines désertiques, je me souvenais avoir passé quelques vaccances dans de tels décors avec mes parents et mon frère, mais je ne sais plus vraiment où.
C’était merveilleux de retrouver la chaleur de ces étendues extraordinairement belles et accueillantes.

Je ne voulais rencontrer personne, j’évitais les villes et les villages, ce que j’espérai c’était retrouver ces sensations de bonheur que j’éprouvais quand j’étais toute petite en respirant le plus profondément possible l’air si pur qui venait glisser le long de ces immences plaines. Je respirais, je me laissais aller au grès de mon imagination, pas de route juste des images. Et puis un jour, voilà , je me retrouvai devant cette image qui m’apparu comme si familiaire, ces chevaux devant les montagnes, je les avais déjà  vus, enfin j’étais là .

Et en me promenant autour d’eux, je reconnaissais chaque forme, chaque pierre, à  quelques mètres de là  je retrouvais le petit lac dans lequel nous nous baignions tous ensembles. Avec Vathek, nous passions nos journées à  courir autour de ce petit lac à  nous attrapper et nous jeter à  l’eau. J’adorais rester assise les fesses dans l’eau et regarder mes parents debouts pas très loin de nous qui restaient là  à  nous observer.

En 1996 j’ai passé une semaine à  Santiago, il était question de retrouver des traces de ma famille dans les registres administratifs, mais je n’ai rien trouvé, pas même les actes de propriété des terres que ma famille avait acheté près de notre village. Alors je suis retournée à  El Tiente, mais le village n’existait plus, il avait été abandonné petit à  petit et était devenu en 1977 un des derniers bastion de combat à  la suite du coup d’Etat militaire qui a eu lieu en 1964 au Brésil et de la destruction presque complète des groupes de guérilla urbaine qui s’étaient formés pour le combattre.

j’aime mes parents qui y sont morts il y a longtemps.

Mon père, Dan skarss est né en Allemagne dans les grandes forêts de la Bavière, je vous avouerai que je ne sais pas exactement en quelle année, mais ce n’est pas vraiment très important. Il a vécu dans une famille assez riche, je crois qu’il était orphelin, d’une certaine façon, un peu comme nous. Arrivé à  un age ou il s’est senti responsable de ses actes, il s’est engagé dans l’armée, il a tout fait pour partir à  l’étranger, il a beaucoup voyagé, et dans les années 60, il s’est retrouvé à  Panama, il y était en permission… Dans un village, lui et un de ses amis sont tombés face à  une altercation entre militaires et révolutionnaires qui a vite tourné au combat de rue très violent. ils se sont réfugiés chez des habitants, mais c’était difficile de se sortir de tout ce fracas, et c’est comme ça que mon père à  rencontré ma mère. Ce dont je suis sure, c’est qu’elle était très belle… J’ai vraiment pas beaucoup de souvenirs d’elle, seulement quelques odeurs et surtout des voix, elle avait vraiment une de ces voix… La plus belle musique qui vient vous bercer et qui à  elle seule est capable de vous guérir de n’importe quel mal… Voilà  comment mes parents se sont rencontrés, dans une petite maison, sous le son des balles qui viennent de s’enfoncer dans le bois. Mon père n’a pas réalisé tout de suite ce qu’il se passait entre eux, mais il savait qu’il n’allait jamais retourner en Allemagne. Il n’a jamais revu son ami qu’il a quitté à  ce moment là , Dan, mon père a suivi Floia Anna Maderos ma mère. Il s’est battu à  ses côtés, mais sur cette période je sais très peu de choses, je n’ai pas réussi a retrouver leurs traces dans les archives… et en 1971, ils s’expatrient au Chili, et arrivent à  El Tiente, moi et vathek, mon frère, nous sommes nés en 1966, dans cette petite bourgade d’une centaine d’habitants.

 

Ces textes se trouvaient sur artemisia.technart.net. Ils ont été publiés en février 2000, aujourd’hui ils sont accessibles via les archives du projet. Vous pouvez trouver les traces des medias là 
Cela fait partie du projhet Chi Ocsha 

 

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