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Posté le 1 décembre 2009 dans presse / textes -> lien permanent
Hande Dosemecioglu :
Jacques, Percontesque

Observatoire des nouveaux médias. Retrouvez le dans son intégralité : Jacques, Percontesque.

L’alignement des pixels comme les notes dans une partition de la sonate de Beethoven, donne forme à  des images abruptes. Le pionnier de l’écriture pianistique du 19e siècle, souffrant de la surdité, prépare l’évolution vers le Romantisme, fait épreuve d’une modernité grandiose et a quelque chose de merveilleux, indépendamment de la beauté et de l’originalité de ses idées et de la manière ingénieuse dont il les rend. Et aujourd’hui, les artistes revendiquent cette beauté qui est plaisante à  l’‟oeil” et la convertit afin de plaire directement a l’âme. Le montage hypnotique de Jacques Perconte est une invitation à  creuser au-delà  de ce qu’on voit sur la surface. Le pixel, le carré qui était l’outil décoratif dans Poptronics devient ici le thème du projet de l’artiste. Ce carré aide à  ordonner l’écran mais répand le chaos. ‟L’énergie d’une déambulation intime s’offrant à  l’imagination en changeant constamment la nature de sa focalisation.”
Lors de la démonstration de ses vidéos, un autre carré m’a intrigué dans la salle, le carré du panneau sur lequel est marqué Bernard Stiegler sur un fond blanc. Ce blanc reflétait l’image qu’on voyait sur la projection. A partir de ce moment-la, il ne s’agissait plus de représenter quelque chose, mais de construire les objets de la ‟représentation”. Ce blanc, ainsi que j’ai décidé de l’appeler, est une allégorie, une personnification de l’oeuvre de Perconte (1). Cet espèce de mise en abîme accentue l’intensité et la tension qui existent dans son travail. Cela évoque l’idée de ‟réel-virtuel”.

Ayant enregistré ces séquences, je m’en suis servie comme d’un modèle vivant et j’ai réalisé le ‟portrait” de Perconte. Quant à  lui, il a ses danseurs, ces corps pour reconfigurer, comme un programmateur d’un genre nouveau. Plus encore, fabriquer un être cyborg à  l’aide d’une multiplicité de corps connectés électroniquement via Internet, une sorte de système nerveux externe. Le corps est appréhendé au-delà  de son individualité. Que signifie ‟avoir” un corps? (2) La science répond: des tissus secs et humides, des espaces vides. Il n’y a rien à  l’intérieur. Il n’y a que le vide, à  l’extérieur comme à  l’intérieur. ‟Je” signifie ‟ceci”. ‟Tu” es ‟cela”. Rien de plus. Or, face à  l’oeuvre de Jacques Perconte, je suis face à  un poème où les mots sont impuissants. Dans ses corps, je ne vois pas le corps ‟mutant”: j’y vois la promesse d’une poésie toujours existante dans l’âme. La bande-sonore accompagne ces corps dont la mémoire est saturée. L’homme qui courait plus vite que son corps hier, aujourd’hui répond aux sollicitations du monde technologique.

Certaines oeuvres vidéo de Perconte séduisent aussi par leur lenteur. Chaque seconde de sa vidéo semble ainsi prendre une nouvelle signification par l’allongement du temps, comme si cela permettait de faire ressurgir des choses oubliées. La lenteur détourne l’attention et suscite d’autre idée telle que celle qui m’est arrivée.

Un autre artiste provoque aussi cette assimilation paisible ou il se sert de la lenteur: Douglas Gordon. Quand on regarde A Divided Self II, 1996, on a l’impression d’avoir déjà  vu telle ou telle image. ‟Suis-je capable de plier mon doigt de la même manière?” Ou encore, Twenty-Four Hour Psycho, 1993, où il utilise de vieux bouts de pellicules tirées de films médicaux présente le film Psychose d’Hitchcock de manière à  le faire durer 24 heures. Cela change notre perception par rapport au film original en entier. ‟Quoi qu’il en soit, notre existence est assez schizophrène, alors autant profiter de ces symptômes” pourrait être le percept, dirait Deleuze, de l’artiste. D’après Perconte, l’humour et la dérision sont un moyen de critique comme l’est la destruction aussi. Et à  mon avis, Jacques Perconte arrive à  faire ce qui est le plus difficile, c’est de se diluer sans se détruire, de s’évaporer sans se disperser. L’utilisation du mot ‟destruction”, en y réfléchissant bien n’aura plus de signifiance puisque lui, réussit à  trouver plutôt la rupture dans l’ordre des choses: c’est la fonction fragile sur laquelle nous érigeons notre chaos, notre trouble effet.

(1) http://www.youtube.com/watch?v=UxOLwvytG08
(2) Virginie Luc. Art à  Mort. Editions Leo Scheer. 2002. Page 38.

Hande Dosemecioglu / copyright ODNMblog

 

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