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Posté le 25 février 2009 dans ici et là dans le monde -> lien permanent
écriture De Soi Et Pensée Mécanique

métro 024

Ce matin dans le métro je me suis surpris à  imaginer une photographie d’un genre dont je ne suis pas amateur en général.  Un homme d’une trentaine d’années est monté quelques stations après moi. J’ai tout de suite été attiré par son sweatshirt. Il était gris mais surtout orné devant d’une inscription assez forte en typographie latino-américaine : soul. à‚me.  Le mot était entouré de deux ailes d’anges ce contrastait avec l’à  priori de la typo qui elle soutenait l’idée du gang. Je me tenais debout contre la porte qui faisait face à  l’entrée. L’homme s’est mis juste devant moi.  Il s’est adossé à  la barre de maintient centrale. Dos à  moi. Et j’ai découvert l’immense broderie d’un crâne battu de chaque côté par des ailes levée vers le ciel. L’inscription du recto était reprise et augmentée : rough soul. à‚me rugueuse, âme qui vit à  la dure… Il était bien question de gang.  Je me suis demandé pourquoi ce garçon qui ne  donnait pas par ailleurs l’impression d’être un dangereux personnage portait les armes d’une certaine violence. Et la broderie m’a tout de suite fait penser au tatouage. J’ai imaginé cette photo : dans la même situation du métro parisien, le même personnage de dos dont on verrait le sweat décoré  ferait face à  un homme plus fort ouvrant sa chemise à  la manière du cliché que nous avons de superman découvrant son sigle sous ses vêtements urbains. On découvrirait sur la poitrine dorée de cet homme le même signe, le même dessin tatoué profondément dans la peau. On sentirait cette absurdité du sweatshirt et de son usage contre la violence potentielle de son langage.

J’ai été très surpris de penser cela parce que je ne fabrique pas ce genre de regards. Je les trouve trop publicitaires, trop portés par une certaine culture de la photographie qui semble dénoncer sans y toucher. Alors pourquoi j’ai eu cette idée ? Est-ce que j’ai déjà  vu une telle photographie ? C’est probable. Est-ce que j’ai senti qu’une telle image parlerait pour moi et expliquerait la situation de ma pensée ? J’imagine…

Il doit s’attacher à  l’image qu’il peut renvoyer de lui en portant ce signe. Il doit imaginer que cela le construit ou sentir que cela le rassure. A quel point s »identifie-t’il à  cela ? Avec quelle distance décide-t-il de transporter cette idée latino qui doit venir des banlieues américaines ou mexicaines plongées dans une violence que l’on ne peut pas imaginer ? Il a besoin d’identité. Mon réflexe était de manifester cette absurdité de la recherche de l’illusion. De confronter cette mollesse urbaine face à  la réalité à  fleur de peau.

S’écrire… je m’écris sans cesse je suis très souvent en train de chercher comment je peux me mettre en scène. Pas forcément pour atteindre une image précise mais surtout pour cacher ou détourner les regards potentiels sur ce que j’estime être mes faiblesses. En faisant cela je me déplace dans la maya, dans l’illusion, j’y cherche une place à  habiter. Mais comment pourrais-je réellement me sentir bien quand je pense à  cette attitude. Je dois l’oublier pour aller. Parce que quand j’essaie de jauger ma machination, simplement pour savoir si elle tient le coup, je me mets face à  la nécessité que j’imagine avoir : de faire semblant pour exister.

Alors construire cette image de mise en abîme de ce parisien, photographie qui aurait pu devenir le principe d’une démarche qu’on aurait dite artistique, cela n’aurait fait que me protéger. J’aurais parlé aux autres de la même façon que lui il parle. Lui avec ce signe de gang qui renvoie à  une certaine force qui n’est à  priori pas la sienne. Moi avec cette dialectique qui m’aurait placé au-dessus de lui pour renvoyer cette image de moi libéré de ces maux. Pour laisser tous ceux qui auraient eu de la sympathie vis-à -vis de mon geste exorcisé cette réalité de s’écrire soi-même pour les autres. Exactement de la même façon nous aurions parlé tous les deux de ce que nous voulons que les autres voient de nous.

Peut-être faut-il laisser paraitre un certain danger dans les mécaniques de la pensée artistique, de la créativité, de ce que l’on pourrait à  tort assimiler à  une révélation (épiphanie ?). Cette universalité potentiellement désirée dans l’oeuvre, ne peut pas, il me semble, se réduire à  la sympathie.

ill. affiche déchirée dans le métro parisien.

 

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