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Posté le 10 janvier 2009 dans au fil des projets, Pauillac-Margaux -> lien permanent
Pauillac, Margaux, Quelques Mots…

plat n°1_10002

Je reviens un peu sur mon film Pauillac, Margaux.  D’abord il y a eu un moment. C’était le 15 avril 2008. Je venais de passer deux jours sur une île au milieu de l’estuaire de la Gironde à  filmer le vent pousser les arbres. Je devais rentrer à  Bordeaux pour quelques rendez-vous. Il y un peu plus d’une heure de train entre les deux. Cette ligne passe par la plupart des villes du Médoc célèbres pour leurs vins. Et le voyage se fait au milieu des vignes. J’ai pris un des premiers trains pour arriver tôt en ville. Déjà  en partant de l’île la lumière était extraordinaire. J’abandonnais un paysage magique… pour aller bavarder… J’étais un peu dans le coltar. Je me suis installé à  ma place dans le ter. Le train a démarré et tout de suite le soleil a tapé sur ma fenêtre. Je n’ai pas sorti ma caméra. J’ai regardé un moment vibrer la lumière sur les traces de terre et de sable de poussières et de je ne sais quoi collées sur les vitres. Au travers le paysage tirait des ombres profondes…  J’étais aveuglé. J’ai pris mon appareil photo que j’ai réglé en mode film et puis j’ai capturé ce paysage. J’ai filmé un peu plus d’une heure. J’ai posé l’appareil contre la fenêtre en équilibre sur un livre. J’ai sorti mon petit enregistreur numérique que j’ai posé à  côté et lancé.  Je savais que j’allais faire un film de ce paysage qui déroulait une magie impressionnante.

 Pauillac, Margaux afx - rendu

Quelques jours plus tard chez moi, je regardais ce que j’avais filmé. J’ai gardé la partie du trajet qui se tenait entre les villes de Pauillac (mon point de départ) et de Margaux. Et j’ai travaillé le film. L’image était dans une résolution assez moyenne – filmé avec un petit appareil canon – 640×480 à  30 images/secondes. Mais la qualité était assez étonnante. Comme quoi, avec une bonne lumière…  Dès que j’ai regardé comment était enregistré le paysage, comment l’appareil avait interprété tout ce que je voyais j’ai vu quelles pises j’allais pousser. J’ai compressé des dizaines de fois le film en divx et en 3ivx. J’ai utilisé quelques effets pour faire vibrer les couleurs qui apparaissaient. Et ainsi de suite pour révéler plusieurs expressions de la lumière, du paysage, des défauts de l’enregistrement, des défauts des encodages. Petit à  petit j’ai poussé la résolution du film en agrandissant proportionnellement la taille des pixels pour arriver à  960×720. Et puis comme à  l’habitude après avoir fait plusieurs premières versions du film je l’ai laissé de côté. De temps en temps j’y revenais quelques minutes. Je m’y suis remis en juillet, puis en novembre. C’est là  que j’ai vraiment repris le travail et écrit le vocabulaire que j’allais arranger au fil de la progression de l’histoire de ce paysage. J’ai composé chaque parcelle des rushes pour faire ce composite du film. Je crois que la plupart des essais que j’ai faits sont présents quelque part dans l’image. J’ai laissé le son direct sans y toucher. J’ai utilisé la version que j’ai faite avec mon enregistreur.

J’ai passé du temps à  essayer de faire des versions minidv et dvd du film pour le collectif Jeune Cinéma qui le distribue. Ces versions sont différentes du film original. Elles n’ont pas les mêmes luminances. J’ai même carrément retravaillé le film pour le miniDV. Cette version sera projetée pour la première fois à  Rotterdam le week-end prochain. Il y a maintenant clairement une distinction entre l’oeuvre originale et les copies. Je pense que cela est temporaire – dans cette forme particulière en tout cas.

L’oeuvre originale doit inclure le mode de diffusion, elle doit être faite pour lui et vice versa. Elle ne doit pas être montrée autrement. De son côté la copie peut se balader et être modulée.

Tout cela n’est pas très poétique. La poésie et la magie ne sont pas dans les mots ni dans la technique ni dans les technologies. C’est dans le film.

La dernière arborescence du compositing du film:

Architecture - Pauillac, Margaux (p)

plat n°1_09919

Un mardi matin d’avril, je quitte l’île de Patiras pour rejoindre Bordeaux. Je traverse le médoc en ter alors que le soleil se lève. La lumière frappe la vitre du train en découpant le paysage. Je ne peux pas faire autrement que de filmer. Alors je colle mon petit appareil photo contre la vitre et je ne décolle pas le regard de ce qui se passe à  l’extérieur. C’est un des plus beaux voyage en train que j’ai fait… Le soleil m’arrache à  la réalité, entre ombre et lumière l’image explose elle s’agite et se remplit.

Pauillac, Margaux
‎ter, mardi ‎15 ‎avril ‎2008, ‏‎07h50
HD, 10′, Dolby® Digital AC-3
page consacrée au film : Pauillac, Margaux

 

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