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Posté le 1 février 2008 dans 38degres, I love you, presse / textes -> lien permanent
Christelle Seguin :
Fiche Pédagogique

It's all about love, pessac - 24

Exposition de Jacques Perconte
It’s all about love, 2008

Son parcours artistique autour du ‟ corps ”:

Très vite le corps s’inscrit dans sa pratique. Il a commencé ses travaux sur ‟ le corps du texte et le texte du corps ”, il pratiquait plutôt la peinture et le dessin, en prenant en compte le trait, sa texture, la couleur et le modelé.
Puis il se met à  la vidéo, il filme des corps et regarde les images filmées, et se pose la question du lien entre la vidéo et l’image du corps, et rapidement il filme les écrans. En 1997, il fait ses premières photos d’écrans avec les premiers appareils photos numériques.

En 2002, il fait la série Corps numériques, (2 photos de cette série sont disponibles à  l’artothèque.) Il entame une collection de photos de corps.
Dans ces oeuvres Jacques Perconte travaille sur les différentes étapes de déformation d’un corps et d’une image à  travers des supports comme le multimédia, la vidéo, la photo. L’artiste filme le corps d’un modèle avec une caméra, celui ci est restitué sur un écran de télévision qui est capturé par un appareil photo numérique pour être interpréter par un ordinateur. Toutes ces étapes créent une image qui est nouvelle, déformée. Cette dernière est à  nouveau filmée par une caméra, puis capturée sur un écran de télévision, et ainsi de suite… l’artiste renouvelle ces opérations jusqu’à  obtenir un résultat qui lui plaise.

En 2003, l’éditeur Didier Vergnaud lui propose de faire un livre de photographies. Il avait rencontré sa compagne, Isabelle, depuis quelques mois, il décide de la prendre comme modèle pour ce livre/projet qui s’appelle 38 degrés, et certaines photos de ce projet sont dans l’exposition It’s all about love, à  l’artothèque. En prenant pour modèle Isabelle, sa compagne, Jacques Perconte lie son travail photographique à  son histoire d’amour.
Les photos sont prises avec différents appareils numériques (il n’utilise pas d’appareils argentiques), et dans différents contextes (différentes lumières qui sont induites par des prises photos dans différents lieux : chez elle, chez lui, dans un studio, dans l’eau …). Il en résulte une grande collection d’images. La collection contient au départ près de 900 images, il l’a réduite à  100 (qu’il nomme Square). C’est de cette collection que sont tirées certaines des images de l’exposition à  l’artothèque.

38 degrés : correspond à  un peu plus chaud que la température du corps, et à  la dominante colorée de ses photos, voir photos dans expo artothèque, il y a une dominante de couleurs chaudes !

Son rapport à  la peinture :

Il a un travail qui renoue ses amours avec la peinture américaine des années 50-60, avec des artistes comme :
- Barnett Newman (1905-1970) : il invente les Zips, des coupures, le plus souvent verticales, de peinture, qui séparent ou unissent des plans de couleurs lumineuses, jusqu’au bord de la toile. Il appartient au mouvement ‟ Color-field ”
- Mark Rothko (1903-1970) : il peint de très grands rectangles lumineux superposés aux limites estompées, il appartient au mouvement ‟ Color-field ”.
- Ellsworth Kelly (né en 1923) : il fait des peintures abstraites, qui sont comme des agrandissements, comme avec un microscope géant, de détails de choses vues (le porche d’une église, le bord d’un trottoir, l’ombre d’une fenêtre…). Il construit de grandes sculptures aux formes géométriques complexes et dans ses peintures il donne des formes nettes au contour de ses toiles. Il appartient au mouvement ‟ Hard Edge ”.

Color-field : Mouvement artistique aux Etats-Unis et au Canada des années 1950/60. Signifie ‟ champ de couleur ”. Ce terme désigne des tableaux présentant de vastes plages de peinture uniformes, d’où est exclue toute illusion de profondeur. La toile, souvent recouverte de couleur d’un bord à  l’autre, semble un fragment de surface, ou d’un ‟ champ ” plus vaste. La distinction entre figure et fond disparait au profit du ‟ all over ” (terme employé pour définir les peintures de Jackson Pollock en 1940, et qui correspond à  une répartition uniforme des éléments picturaux sur toute la surface du tableau, qui semble se prolonger au-delà  des bords).
Il y a un accent sur la planéité du tableau, car pour ces artistes, la peinture doit assumer pleinement sa nature bidimensionnelle.

Hard Edge : Mouvement artistique aux Etats-Unis, des années 1950/60. Ce terme s’applique à  des toiles dont la surface est couverte de plages de couleurs uniformes et bien délimitées. Là  aussi, la distinction entre figure et fond disparait au profit du ‟ all over ”. Ces oeuvres présentent une surface agencée selon une géométrie rigoureusement symétrique.

Jacques Perconte attache une grande importance aux supports (ici ce n’est pas du papier mais un composant synthétique) pour l’impression de ses photographies. Le support est à  envisager comme la toile d’un peintre. Quand il fait un tirage, le papier doit être dans l’image, il fait parti d’elle, il lui donne corps. Dans l’exposition de l’artothèque le support est mat, s’il avait été glacé, les couleurs auraient été plus ‟ flashies ”, différentes, mais en tout cas c’est un choix, c’est ca qui compte pour lui.

Comment crée-t-il les textures de ses images ?

Jacques Perconte fait un travail de peintre, mais pas avec un logiciel de peinture, il ne retouche jamais ses images !
En photographiant l’image sur l’écran, il recherche la saturation des couleurs, les défauts des images, pour créer des effets de matières, des textures différentes. Il met en avant les contours de l’image avec les pixels. Les moires, les trames créent également des textures, des matières. Ces textures peuvent être assimilées à  la texture de la peau, à  son grain.

‟ En 2003, Didier Vergnaud, éditeur, me propose de faire un livre de photographies. A ce moment là  je travaillais sur des séries où le corps, sa peau, ses modelés, ses contours rencontraient les pixels, les trames, les saturations de l’image numérique, les déformations de la projection d’une image sur un écran, ses défauts…. ”

- Il affiche les photos sur des écrans d’ordinateur différents, plat ou à  tube cathodique (les derniers sont bombés)…
- Il photographie ceux-ci en bougeant autour des écrans, en les regardant de côté, et il bouge aussi les écrans.
- Il utilise des loupes, ou des vitres qu’il met devant l’écran. Mais finalement ce ne sont que des essais aucune image n’est retenue…
- Il manipule les réglages des couleurs et la luminosité des écrans et des appareils photos, pour créer de nouveaux effets :
Ex : dans l’exposition, la photo verte sur le mur de gauche à  côté de l’étagère c’est la même, que la photo de corps cadrée très près dans les tons rouges, seulement il a réglé la balance des blancs de l’appareil photo, et l’a mise sur une balance de rouge.
- Il ajoute à  cela, un travail sur la compression des images, qui lui permet de créer de nouvelles textures.

‟ Quand l’image n’était pas assez claire à  mon goà»t, quand les couleurs ne tendaient pas vers là  où je voulais, je jouais avec mon appareil et ses bricolages pour capturer ce que je voulais…. Et ainsi faire de nouvelles images que je regardais encore et que je regardais ailleurs pour voir quelles rencontres elles pouvaient faire : un écran de vidéo projecteur, une télévision, un écran plasma, tous ces écrans n’ont pas la même peau, ne racontent pas les couleurs de la même façon…

J’ai voulu garder la technologie loin, aucune image n’a jamais été retouchée (trafiquée) intentionnellement dans un logiciel, je n’ai fait que les afficher, c’est avec les réglages des écrans, des appareils photo, avec le mouvement qu’elles ont évolué. Ce sont des captures, des rêves qui ont pris forme à  un moment donné là  sous mes yeux alors que je manipulais des machines… C’est ce qui s’est passé devant l’écran, entre le corps et moi, là  où il fait plus ‟ chaud ”. C’est en parlant de cette chaleur, de celle près du corps que j’ai appelé le livre 38 degrés. ”

Compression d’images : Les formats GIF et JPEG sont des formats d’images qui permettent de compresser une image (pour que ça prenne moins de place sur l’ordinateur), il en existe d’autres (BMP, PNG, TIFF…). Tous ces formats compressent différemment les images, scientifiquement parlant, ils utilisent des algorithmes de compression différents et ne stockent pas de la même manière les images.

Une image numérique est composée de plusieurs centaines de milliers voire millions de points (pixels). Plus il y en a, plus l’image est grosse (en terme de taille informatique, de poids) et grande (en taille). De plus, à  chaque pixel correspond une couleur. Si on multiplie le nombre de pixels par le nombre de couleurs on se retrouve avec un fichier informatique plus ou moins gros. Et dans le monde de l’image numérique on atteint très vite des tailles impressionnantes pour la moindre petite photo. A l’heure d’internet où l’échange de photos est grandissant, ou tout simplement pour pouvoir stocker un max de photos, les informaticiens ont dà» trouver une solution pour alléger la photo sans pour autant lui faire perdre en qualité. Pour alléger une photo, il suffit d’enlever un pixel, et elle est plus petite mais il manque quelque chose. Pour cela, les mathématiques arrivent. Par de grands calculs, il est possible de réduire la taille des images. Chaque format, cité plus haut, utilise un calcul spécifique pour pouvoir compresser une image. Il se peut qu’il y ait des erreurs, lors de ces calculs (c’est ce qui arrivait au début d’internet dans les années 1990). Ce sont ces erreurs de calculs que Jacques Perconte exploite pour déformer ses photos, vidéos, afin d’obtenir des textures différentes.
Jacques Perconte ne travaille qu’avec un seul format et un seul type de format de compression : le jpeg
Son rapport à  l’image :

Dans le travail artistique de Jacques Perconte et dans la série Corps numériques (oeuvres disponibles à  l’artothèque), l’image numérique représente son propre moyen de production et le corps n’est plus qu’une information que l’on peut traiter et déformer. La photographie est la trace d’un état du corps dans un contexte, celui de l’image et de ses spécificités. Le corps devient témoin du processus de fabrication d’une image et de toutes ses étapes. Les photos numériques des vidéos fixent non seulement les images du corps, mais aussi le traitement de celles-ci, par le médium technologique. Par exemple les pixels illuminés deviennent distincts, et l’on peut visualiser des effets de moire de l’écran photographié. A cela s’ajoute une déformation de l’image créée par l’angle de vue, qui provoque une ré interprétation partielle ou totale de l’image.

Ces images technologiques incluent le corps humain dans un autre univers, il se retrouve sur plusieurs supports visuels et d’enregistrements. Le corps occupe plusieurs formats, plusieurs tailles. La photographie par son cadrage modifie la perception du corps.

Jacques Perconte et internet :

Il fait ses premières oeuvres internet de 1996-1997. Le site technart.net est la principale interface. En 2006, il ouvre le blog qui concentre (peu à  peu) toutes les archives de ses activités (articles, notes, performances… La toile est gigantesque).
http://www.technart.net
http://blog.technart.fr
http://www.jacquesperconte.com

Jacques Perconte et It’s all about love :

It’s all about love, synthétise les grandes étapes d’un travail pour la préparation du livre 38 degrés.

Avec ce projet de livre, et en prenant pour modèle Isabelle, sa compagne, Jacques Perconte lie son travail photographique à  son histoire d’amour. Il aboutit à  une grande collection d’images, toutes différentes. Dans ce travail la relation entre Jacques Perconte et l’image, s’est développée, agrandie, mais l’artiste s’est éloigné de son modèle Isabelle, et donc de son amour.

Il décide alors de trouver un moyen de quantifier la quantité d’amour qui réside dans l’image, à  chaque fois qu’une image se matérialise. I love you est un oeuvre sur Internet (une pièce de netart) qu’il débute en 2004.

A chaque fois que l’on consulte une image, elle est plus ou moins modifiée avant d’être affichée : le code source de l’image (le code hexadécimal) est altéré par un programme (love writing program) qui remplace une variable, calculée suivant différents paramètres, par le texte ‟ I love you ”. Le code source ainsi modifié, l’image est altérée (pixellisation, déformation, nouvelles couleurs, disparition). Cette méthode absurde d’écriture littérale de l’amour dans l’image, dans le code, donne à  voir chaque fois une nouvelle collection d’images plus ou moins empreintes d’amour. Plus d’amour, moins de représentation.

Voir le site http://itsallaboutlove.38degres.net/ et cliquer sur un programme pour voir ce qui ne se voyait peut-être pas assez

le code hexadécimal : dans la vie de tous les jours, nous comptons en base 10 (0,1,2,3,4,5,6,7,8,9), c’est le système décimal. Les ordinateurs utilisent pour comprendre les données le courant électrique : soit le courant passe (0), soit il passe pas (1) : c’est le système binaire, base 2 (0,1). Cependant ce langage prend beaucoup de place pour stocker toutes les données donc des informaticiens ont inventé un autre système de numération prenant moins de place que le binaire. Ils ont choisi le système hexadécimal qui comme son nom ne l’indique pas est un système en base 16 (0,1,2,3,4,5,6,7,8,9,A,B,C,D,E,F). Il y a une utilisation des lettres.
Le système hexadécimal permet une conversion simplifiée entre le système binaire et le système hexadécimal.

En binaire : zéro s’écrit 0
En hexadécimal : zéro s’écrit 0

En binaire : un s’écrit 1
En hexadécimal : un s’écrit 1

En binaire : deux s’écrit (eh non pas 2 mais) 10
En hexadécimal : deux s’écrit 2
(Là  on a déjà  gagné un peu)

En binaire : dix s’écrit 1010
En hexadécimal : dix s’écrit A
(Là  on gagne beaucoup plus)

En binaire : onze s’écrit 1011
En hexadécimal onze s’écrit B

Quand l’internaute ou l’artiste demande à  l’ordinateur de lui afficher l’image comme l’ordinateur la voit, celui-ci affiche une série de chiffres et de lettres (c’est du code hexadécimal).A ce moment là  le logiciel crée par Jacques Perconte recherche un binôme de chiffres ou de lettres et les remplaces par I LOVE YOU. (Ex : un ensemble comme : 2G peut être remplacé par I LOVE YOU). Une fois cela terminé, le logiciel réinterprète la photo et celle-ci est modifiée par rapport à  l’originale, et plus elle est modifiée plus elle contient de l’amour !

Ces paramètres créent l’oeuvre que l’internaute regarde sur le site. L’artiste ne choisit pas la série de chiffres ou de lettres à  remplacer (que l’on peut nommer « variable ») mais c’est l’ordinateur qui choisit cette variable; il pourrait la choisir aléatoirement mais l’artiste lui demande de choisir cette variable en fonction de divers paramètres comme le nombre pi ou le nombre d’or, l’heure de connexion, la date, l’adresse de l’ordinateur sur internet… là  un calcul est réalisé, on ne peut savoir comment c’est calculé, c’est un mélange de toutes ces données, et ceci donne la fameuse variable qui va être remplacée par ILOVEYOU.
En gros, au lieu de prendre une variable aléatoire, l’ordinateur en calcule une à  partir de données propres au visiteur. Ceci dans le but d’afficher à  l’arrivée une oeuvre différente pour chacun. A chaque fois que l’on regarde la photo sur internet, elle est créée devant l’internaute.

Å’uvres exposées à  l’artothèque :

‟ It’s all about love ” rassemble
des images directement issues des séances avec Isabelle,
des images re-photographiées sur des écrans,
des captures d’écran des I love you numériques issues d’internet,
des photographies d’écrans passées dans I love you,
des photographies d’écran de I love you,

Il y a également des i pod : il y a 3 films, ce sont des images des premières séances de pose avec Isabelle, qu’il a refilmé sur son écran. Le film le plus à  gauche, a été fait avec un appareil photo sur la fonction ‟ vidéo ”, un canon ixus 860is.
Le second au milieu, refilme le premier film de gauche, avec un cadrage plus serré, et des mouvements plus lâchés.
Le troisième film de droite, refilme le second film, il cherche plus la couleur, et accentue les effets de moire crées par l’écran (un ecran apple 24).

Voir plan de l’expo 
Séance avec Isabelle : Photo Isa
Image re-photographiée sur un écran : Photo écran
Capture d’écran d’un I love you numérique issu d’internet: Capture I love you
Photographie d’écran de I love you: Photo I love you
Photographie d’écran passée dans I love you : Photo écran passée dans I love you

 

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