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Posté le 13 février 2007 dans au fil des projets, Entre le ciel et la terre -> lien permanent
Sixième Balade, Forêt De Saint-Vrain

Ballade réalisées dans le cadre du projet Entre le ciel et la terre.

Aujourd’hui j’ai prévu une balade en forêt ; je vais marcher quelques kilomètres sur les sentiers de promenade de la forêt régionale de Saint-Vrain à  Marolles-en-Hurepoix. J’ai envie de changer de décor et de profiter de la marche. La résolution des images satellites n’est pas très élevée sur la zone couverte par la marche. Je ne sais pas ce que cela veut dire. Certainement que cette zone n’a pas une importance fondamentale. Pour quoi ? Pour qui ? Pour ceux qui achètent les services puisque même si ces services sont disponibles gratuitement pour le grand public, ils peuvent devenir payants si l’on a besoin de plus. Donc par là  il y aurait moins d’argent à  gagner ? Donc pas plus de détail. Il y a des zones encore moins précises…

Je me gare sur le chemin du cimetière. A quelques mètres du sentier il y a un parking. Je me change parce qu’il y certainement pas mal de boue. J’ai mis les cartes et les images satellites dans des pochettes plastiques.

Foret regionale de Saint-Vrain

La promenade débute au bout d’une petite route. On est déjà  en forêt. Il fait assez beau. Je passe sur une dalle en béton sous laquelle coule un ruisseau qui s’échappe sur ma gauche. La végétation est très dense d’un côté et ce sont des champs verts bien dégagés rythmés par des clôtures qui s’étalent de l’autre coté.

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Les traces des roues d’un véhicule se croisent. Je reste un moment là . J’imagine mon trou ainsi mis en valeur par des traits qui suivraient les cotés et traverseraient le champ. J’imagine imposer un rythme dur comme cela à  une surface verte : un trou proche d’un des coins dont les cotés seraient marqués de la même façon que ces traces et qui fileraient au loin. Je pourrais créer de cette façon une sorte de damier.

J’ai pensé plusieurs fois à  écrire réellement un travail sur la perspective dans le paysage : apposer des lignes naturellement inscrites (sans apport de matériau) mais en rupture avec l’harmonie naturelle : leur présence rappelle rait non seulement la présence de l’homme qui les as dessinées mais surtout la différence de la pensée rationnelle et de la réalité naturelle.

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Un jeune bois a été planté. La densité des troncs est impressionnante. Le vocabulaire plastique de la nature est vraiment infini. Je pourrais passer des années à  photographier sans cesse chaque forme, chaque rythme. Je ne pense pas que cela soit être naà¯f que d’être encore émerveillé par cette beauté. Je crois au contraire que c’est important de savoir revenir à  ces sensations simples. Attention, il ne s’agit pas d’euphorie non plus. Simplement être là  avec cet espace et en prendre conscience.

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Je croise un sentier sur ma droite. Des arbres on étés coupés et les morceaux de bois sont entassés là . Encore une autre forme rythmique. Je pense beaucoup au Land art. J’aimerais faire des compositions en extérieur. Déplacer par exemple ces tas et les reformer autrement au milieu du champ. Le plaisir du résultat serait certainement moins intense que celui de la fabrication. C’est un des éléments de cette recherche que j’engage dans la création de cette oeuvre à  Evry : passer du temps à  manipuler des matériaux, à  marcher plutôt que de rester enfermé à  programmer. Être dehors plutôt que dedans. Être avec moi dans mon corps plutôt que hors de moi dans ma tête. Même si je passe pas mal de temps à  écrire… je cherche à  revenir sur ce que j’ai ressenti… Même si je pense à  mon projet quand je marche, cela représente peu de temps de concentration, tout se passe légèrement, dans une espèce d’harmonie que j’essaie d’entretenir.

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Je m’assois. Je regarde la terre. Elle est assez sombre. Presque noire. Je la touche. Elle est fraiche. Humide. Je creuse avec les doigts. La terre est un peu dure. Je force, la couleur change, une fois la couche ténébreuse dégagée apparait une couche bien plus claire. Plus je vais profond plus c’est lumineux. C’est surprenant. J’aurais plus facilement imaginé le contraire. Je fais attention à  ne pas arracher la racine qui croise ma petite percée. J’ai la main sale. Le pantalon sale. Je retombe en enfance un instant. La terre sent bon.

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Je reprends ma route. Maintenant je longe un champ agricole marqué propriété privée. Celui-là  , je n’ai pas envie de le traverser. Lui suit un bout de forêt, lui aussi certainement propriété privé, il est grillagé. Mais de ces limites il ne reste que des vestiges. La porte est arrachée. Seule une moitié tient encore en équilibre enfoncée dans un arbre. Le chemin dont elle fermait l’accès n’a apparemment pas été utilisé depuis longtemps. De l’autre coté du chemina il y a un pré fermé lui aussi. Au milieu se balade un cheval. Il est loin.

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Je n’étais pas dans la forêt régionale apparemment, les parcelles que j’ai traversées ne font pas partie du domaine : j’arrive à  une barrière qui barre l’accès à  la suite du chemin aux véhicules. Seuls les piétons peuvent continuer. Je m’engage. J’arrive dans une percée au milieu des bois qui va d’un côté à  l’autre. Je suis encore sous une autoroute électrique. Ici la forêt a été taillée pour faire place aux géants qui tiennent les câbles. De petits chemins partent du sentier principal pour aller vers chaque pylône. Vu l’état d’usure de ces chemins ils doivent être très souvent empruntés. Et c’est vrai mois aussi je suis curieux et j’en suis plusieurs d’eux. Il y a un champ débroussaillé. La végétation entaillée est hostile…

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Je continue et passe par un sous-bois. A nouveau je me retrouve dans un décor qui met face à  face un immense champ cultivé et un bois dense. Le sentier sert de limite. Mon chemin va me faire faire le tour de ce champ pour pénétrer le bois qui se trouve à  l’opposé. Pour le moment je bifurque sur la droite sur un sentier qui mène en direction du chemin de fer. J’ai vu sur les cartes que ce sentier passe sous les rails. Le paysage est assez chaotique. Beaucoup de boue, des arbres déracinés, des taillis coupés, des branches dans tous les sens…

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Des chemins biens définis sont percés dans plusieurs directions au travers de cette végétation assez dense. Tout a été coupé. L’arbre déraciné expose sa souche aux regards. La terre s’est soulevée. Je ne m’imagine pas ici de nuit, même à  la tombée de la nuit. Ce décor doit être lugubre. C’est certainement une zone en travail.

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Définitivement je suis sur d’avoir besoin d’un espace dégagé pour travailler. Je ne me vois pas inscrire mon trou ici. On ne le verrait pas, il ferait parti du désordre. Peut-être que la solution ici serait de mettre ‟ au propre ” une place, de dégager et de planter de l’herbe bien verte et de l’entretenir, de créer un espace bien clair et d’y creuser le trou. Il faudrait travailler la terre et peut-être faire un apport en couleurs claires pour que le trou vienne jouer avec le décor. La terre si elle était sombre ne serait pas mise en valeur par le vert.

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Ce serait possible aussi de jouer avec les éléments sur place. J’imagine dégager au milieu de ce bois une longue allée de cinq ou six mètres de large recouverte d’un manteau vert dense. Il faudrait remplir un carré de trois mètres carrés au centre avec les bouts de bois mouillés qui se sont effrités. Et faire le trou au centre (bien sur on creuserait avant de placer les morceaux de bois clairs).

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J’arrive au bout du chemin. Un tunnel passe sous la voie. Les herbes sont hautes à  l’entrée comme à  la sortie… C’est assez propre sous le chemin de fer, il n’y a qu’une grande flaque d’eau. On ne doit pas souvent passer par là . Je rejoins ma route initiale par un autre sentier. Je repasse vers la pierre qui était à  l’entrée d ma bifurcation et qui signalait que ce n’était pas le bon chemin (pour suivre la balade). j’ai envie de prendre en photo la croix jaune sur la pierre.

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Le sol peu foulé composé de petits cailloux mêlés à  la terre contraste avec le sol du chemin que j’emprunte maintenant qui lui a été apparemment très fréquenté et tassé par les tracteurs. Naturellement je suis plus attiré par celui qui a l’air plus ‘neuf’ moins usé, plus ‘naturel’.

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Je longe la fin du sentier et je m’approche d’un chemin plus fréquenté. Je suis plein de boue.

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A droite le chemin passe sous les rails. A droite il rejoint la lisière de la forêt en passant près d’un hameau. Je vois une personne au loin. Elle ne bouge pas. J’avance. Je crois encore des pylônes (a croire que je fais exprès). Je m’approche de la silhouette. C’est un femme. Elle promène son chien. Je la croise. Nous nous saluons.

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J’arrive à  la lisière de la forêt. Là  à  nouveau un panneau. Devant s’étale une immense flaque qui reflète le ciel. Je longe la forêt à  l’opposé de là  où j’étais il y a quelques minutes. Je cherche le sentier qui la traverse. Je regarde le chemin que j’ai fait.

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Je rentre dans la forêt. La porte des bois est protégée par de gosses pierres. Le sentier est rectiligne. On voit bien la coupe verticale dan la forêt. Au bout de quelques centaines de mètres je bifurque. Puis encore. C’est une très belle forêt. Très entretenue. Elle est certainement fréquentée par des cavaliers. Je pense à  un film qui serait un simple et long travelling très fluide à  quatre ou cinq mètres de hauteur, le long de ce sentier…. On découvrirait cette impression de glissement le long des arbres bercés par la lumière filtrée par les branches pour finalement arriver au bout, éblouis par le soleil.

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Sur la fin de mon parcours j’arrive à  nouveau dans les champs. Un chemin de terre doit me ramener à  la route. Les plantations sont jeunes. On voit la terre à  travers le vert. Le sol est très marqué et le chemin très glissant. L’eau s’est installée dans les lignes écrites par les roues des tracteurs.

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Je sus fasciné par cette terre. Elle est magnifique. Je reste un instant en admiration devant un bloc qui se tient droit. Je el prends et il tient. Je le serre et la terre s’effrite en petits blocs.

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Les allers et venues des engins ont laissé des centaines de traces qui se superposent. Le rapport que ce plat dessiné et modelé entretient avec les petits monticules de terre me plait. J’aime cette région de la rencontre entre les deux

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Les allers et venues des engins ont laissé des centaines de traces qui se superposent. Le rapport que ce plat dessiné et modelé entretient avec les petits monticules de terre me plait. J’aime cette région de la rencontre entre les deux.

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Je retourne à  la voiture, j’ai encore assez de marche au sec pour me débarrasser de toute cette terre…

a les images de la balade en forêt

Originalement posté sur le blog dédié au projet Entre le ciel et la terre : Evry-Essonne . Entre le ciel et la terre, résidence de création au Théâtre de l’Agora, scène nationale d’Evry et de l’Essonne / festival siana 2007.Théâtre de l’agora. Entre le ciel et la terre, du 14 au 31 mars.

 

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