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Posté le 16 février 2006 dans 38degres, artworks -> lien permanent
Trente Huit Degrés

38degrés, 2006

Pour revenir sur ce projet : quelques lignes d’explications adressées par mail ce matin à  une certaine dorothée au sujet d’une proposition pour le Palais de Tokyo (proposition commerciale)…

On peut raconter 38degrés comme une histoire de regards. Déjà  le titre, une température, implique l’idée d’un rapprochement, une légère chaleur, un changement d’atmosphère (ce n’est pas notre température normale). Cela évoque une légère fièvre, un état décalé, un petit peu éloigné de la réalité… trente huit degrés, c’est l’histoire de mouvements, de passages d’un état à  un autre, dans une suite infinie pondérée çà  et là  par des pauses… et ces moments où le temps s’arrête un bref instant, il reste ces photographies. C’est une longue aventure visuelle, où le regard change avec le temps et la technique.

Cela a commencé à  la fin 2003. Cette année là  j’ai rencontré isabelle. Après quelques mois j’ai commencé à  lui parler de mon désir de la photographier. Avec Mon éditeur Didier Vergnaud, nous parlions d’un livre de photographie. Au début, nous avons fait des photos dans l’intimité de nos appartements. J’ai continué de la regarder, cherchant des formes, des moments de grâce et de force où son corps mettait en scène des ombres et des lumières qui m’inspiraient. Où s’ouvraient des espaces qui attiraient tout ce qui se trouvait autour. Et c’est vrai que la température n’était pas la même. Plusieurs fois nous avons joué comme ça. Elle se prêtait à  moi en me faisant confiance sans voir ni savoir ce que j’imaginais. Je ne pense pas que ces sensations puissent être écrites. Pour la plupart je les ai oubliées… Et puis j’ai visualisé image après image toutes ces aventures sur l’écran de mon ordinateur. Le corps se donnait à  voir un petit peu autrement, la lumière n’avait pas le même goà»t. Et souvent je reprenais mon appareil pour encore une fois photographier ce que je voyais, j’ai refait des centaines d’images de mes images. Et puis j’ai changé d’écran et j’ai recommencé, et puis j’ai changé d’appareil photo, continuant ces péripéties avec les images, mes le montrant dans tous les sens. Il y avait de plus en plus de lumière, de plus en plus de couleurs : on se rapprochait de plus en plus de ce que j’avais ressenti.

Et je continue ainsi à  faire ces images qui racontent vraiment ce que je sens, de toutes les couleurs, presque chaque jour depuis bientôt trois ans…
Même si tous ces regards visent le même corps, chacun à  sa propre histoire, chaque image est une aventure visuelle différente. Combien de couleurs et de formes ? C’est impossible à  dire… il y a une image, ses textures, sa trame, des centaines de détails, qui racontent l’histoire de sa création. Face à  elle, à  chaque pas, on découvre quelque chose de nouveau. Et puis il y a une autre photo.

38degrés, 2006

Ce qui peut être important de savoir, c’est qu’aucune de ces images n’est artificielle, c’est-à -dire qu’elles sont toutes issues d’un geste photographique et qu’en aucun cas elles n’ont été retouchées. C’est important parce que chaque geste était naturel, réactif : un regard, un mouvement, une émotion, une image, et en boucle, jusqu’à  l’infini. Il y a un peu plus de 9000 images aujourd’hui. Bien sur, elles ne seront jamais toutes montrées, il y en a beaucoup qu’isabelle et moi seront les seuls à  avoir vu.
Ce travail est délibérément romantique, non seulement parce que l’histoire l’est, c’est une histoire d’amour, mais aussi parce que mon rapport avec les images est aussi souvent simple que ça. La justesse et la vérité du propos n’est due qu’à  sa simplicité, il n’y a pas de démonstration théorique ni d’application politique. Ce que je cherche à  partager dans ce travail, ce sont des moments, des regards, des espaces que j’ouvre. Libre à  chacun de s’y plaire, de s’attarder de loin, de près, de côté, de n’importe quel point de vue. Libre aux gens de savoir regarder, moi je peux passer des heures à  les voir…

 

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