Arts plastiques, numérique, films et pensées... LE BLOG EST EN TRAVAUX ! ;)
Les histoires se répartissent dans 1003 notes... dans des milliers d'images... dans quelques mouvements...
@newsletterjacquesperconte.com
Posté le 1 avril 2000 dans au fil des projets, Chi Ocsha -> lien permanent
Artemisia, Premier Portrait

‟ Des fois j’ai l’impression qu’ils me manquent tellement…

Et qu’il n’y a jamais eu quoique se soit d’aussi fort dans ma vie… Je les sens, quelque part, je sais qu’ils me cherchent. Mais il me faut un peu de temps pour arriver jusqu’à  eux. Ce n’est plus qu’une question de temps… Pas d’espace… De temps. ”

La réalité dépend de l’actuel et évolue selon les interactions qu’entretient avec elle l’être vivant. Sa connaissance, à  un moment donné pour un sujet n’est ni vrai, ni fausse, elle est possible ou elle ne l’est pas. Artemisia est là , c’est une certitude, étant donné que l’on prend du temps avec elle, mais elle est où ?

Elle est sans cesse en train de dialoguer avec les images, mais elle ne peut les interroger que dans leurs fonds, seul le spectateur peut voir le rapport qu’a Artemisia avec la forme, il est le seul à  savoir où elle est… Sauf s’il s’est laissé prendre par sa folie et à  ce moment là , il est à  côté d’elle, à  attendre quelque chose.

Artemisia a presque vingt ans. Elle navigue entre plusieurs dimensions qui n’interagissent pas avec la réalité que nous connaissons. Elle se constitue des systèmes de représentation qui vont lui permettre de comprendre notre monde à  sa façon.

Elle s’approprie toutes ces choses qui fondent sa perception et engendrent sa réalité.

Elle essaie de maîtriser cette réalité. A défaut d’y arriver, elle en construit une qu’elle peut soumettre à  son contrôle. Elle ne se rend pas compte à  quel point elle dérive tellement tout ce qu’elle fait reste cohérent.

De l’univers dans lequel nous la découvrons à  celui vers lequel elle nous emmène, Artemisia s’efforce de s’expliquer et de se convaincre qu’elle est son personnage. Elle n’en doute pas mais elle a besoin de tout mettre en scène comme si elle se regardait.

Artemisia a quelque chose comme vingt ans, elle est complètement déconnectée de tout ce qu’elle a pà»t être… Elle a reconstruit son histoire à  travers sa jeune culture des médias ; inconsciemment mais très consciencieusement elle regarde et apprend tout ce qu’elle rencontre.

Artemisia

C’est une tueuse qui travaille pour le compte de quelque malfaiteur… du moins elle en est convaincue.
Ce qui est étonnant avec cette fille c’est la façon qu’elle a de croire en elle, même si c’est évident qu’elle se ment.

Artemisia tuait parce qu’elle croyait qu’elle pourrait en vivre, puis elle a compris pourquoi elle le faisait. Maintenant elle s’applique et s’explique.

Si elle connaît tant de choses c’est qu’elle a 30 ans et que depuis des années elle essaie de tout comprendre. Ce qui lui donne le plus de mal, c’est de trouver un moyen d’uniformiser cette quête à  travers la connaissance. Elle voyage beaucoup pour s’imprégner le plus possible des ces cultures qui ont été les siennes, celles des siens.

Artemisia écrit beaucoup et lit beaucoup, elle marque, elle dessine, elle peint, elle colle, elle regarde et construit des espaces d’activité, elle est si sensible à  tout ce qu’elle fait qu’elle ne peut pas évoluer dans un milieu qu’elle ne maîtrise pas.

Innocente qui tue et qui viole les vies de ces inconnus que des forces désignent, et la nature dans tout ça ? Elle est si intelligente la petite qu’elle ne peut se confondre avec eux. Si elle est la et pas comme eux, ce n’est pas pour rien. Si elle comprend tout c’est qu’elle est la seule. Si elle tue ce n’est pas pour rien, et si elle comprend, c’est pas pour rien.

Artemisia est la devant nous, on va la suivre, se perdre avec elle dans un périple intellectuel. La caméra la prend en photo – c’est elle qui développe son espace jusqu’à  ce que nous passions de l’autre côté de la toile.

Elle ne se donne pas. Elle se garde pour elle, sale égoà¯ste complètement barrée dans des systèmes structurant un espace qui n’existe que derrière ses yeux.

Cet art qu’elle met en place elle le structure de plus en plus. Nous faisons pareil, nous nous rapprochons d’elle, elle est là , son visage reflète tout – seulement sa soeur pourrait comprendre, nous la contournons pour nous placer derrière elle comme à  l’intérieur d’un miroir qui voudrait savoir tout ce qu’elle fait. Mais est ce qu’elle lui parle à  cette image, est ce qu’elle explique à  son reflet ce qu’elle a l’intention de faire de sa vie ? Pourquoi elle n’est pas la pour elle mais pour son frère… Sa soeur ?
Est-ce qu’elle a envie de se faire l’amour devant nous ? Est-ce qu’elle communique avec son image, son corps astral ?
Qui sait ce qu’elle voit dans ce miroir, elle n’est tellement plus là  qu’elle est la plus forte.

Est-ce que son reflet fait les mêmes choses qu’elle ?

C’est étrange ce rapport qu’elle a avec son frère, cette idée d’avoir encore des liens physiques et psychiques avec lui, est-ce qu’elle n’est pas tout simplement lui, est-ce que ce frère était un garçon, est ce qu’il a existé ?
Archéologie des médias, archéologie de sa vie, archéologie de son âme. Pendant le temps que nous partageons avec elle, Artemisia nous offre toute sa soif d’Histoire et d’identité, elle nous fait voyager dans ce qui aurait pu être la vie d’une famille marquée par notre siècle.
Et ce qui fait l’Histoire, ce sont les accidents, ces petites portions de temps qui n’appartiennent qu’à  quelques personnes en même temps et dont on cultive le souvenir ou l’oubli…

Artemisia s’en est donné beaucoup et elle les serre très fort c’est son histoire.

C’est elle qui construit l’histoire, en fouillant dans les différents niveaux de sa personnalité et dans son système de fonctionnement, on découvre comment Artemisia opère. Elle manipule les gens avec son image. Elle reconstruit la réalité afin d’exister dans un espace de perception qu’elle maîtrise totalement : celui du spectateur.

Artemisia a quelque chose comme vingt ans, elle va découvrir sa véritable identité dans une quête initiatique, ce quelle va comprendre est hors de nos systèmes, à  première vue ce serait quelque chose lié à  une forme d’ésotérisme, mais tout se passe dans sa tête.

Artemisia est sur les traces de son passé, elle cherche qui elle était, qui était sa famille. Devant l’absence de réponse, due à  sa personne, elle invente, elle se construit une vie… La moins commune mais la plus vraie, qui retrace une aventure de sa génération à  travers l’histoire.

Dans sa quête identitaire d’une connaissance la plus vaste possible, elle croise des pays, des lieux qui ne sont rien d’autre que des cartes postales…
C’est au détour de stigmates médiatiques qu’elle découvre ce livre étrange qui va bouleverser ses perspectives.

Artemisia veut le lire même si cet ouvrage est écrit dans une langue occulte.
Pour le comprendre, elle en imagine une traduction. Elle est la seule à  pouvoir le déchiffrer. Elle découvre enfin qui elle est.

Qui est-elle ? Qui est dieu ? Est-ce qu’il était plusieurs ?

Qui sommes nous ?

 

Note suivante : . Note précédente :
Où voir les choses en vrai ? Expositions, projections, conférences...
& pour le reste : archives / next...
          * accès réservé ou sur invitation
fil d'idées et d'images : Twitter
14/09@09:10 Ouvrir une école, c’est fermer une prison,... Cher Victor Hugo, si seulement c'était encore vrai. l', il faut.
12/09@15:34 Proton levels indicating a sudden spike. Approaching CME may be near. Stay tuned.
14/09@08:13 Futur is now :) help soldiers run faster !