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Posté le 13 juin 1998 dans écrits / notes -> lien permanent
L’image Nous Engage

You will undergo technology

Depuis le début des années 90, on voit fleurir aux états unis des campagnes publicitaires anti-technologique, des communautés s’organisent sur des principes de retour aux sources, de retour à  la nature. Ce qui leur fait peur c’est la révolution des techniques.

Notre siècle est celui des évolutions technologiques. L’histoire a pris un grand tournant avec toutes les révolutions qui ont été déclenchées par l’industrialisation. Aujourd’hui c’est l’informatisation (avènement de l’outil informatique) du travail qui change la société, nos modes de vies sont encore bouleversés bien que l’environnement médiatique qui nous entoure nous le fasse oublier en vulgarisant les nouveaux outils à  force de les noyer dans ses fictions.

Déjà , durant les années trente, sous l’influence d’organisation telles que le Taylorisme, le travail manuel s’est trouvé largement automatisé et progressivement exclu de la production industrielle. Aujourd’hui, nous n’avons plus du tout la même relation avec le temps que les gens avaient en 1500, en 1800 ou même en 1930. Nous sommes conscients des changements de notre société. La durée de nos vies est moins insignifiante par rapport à  l’échelle de l’évolution qu’elle ne l’était il y a 200 ans. Maintenant, nous nous attendons à  ce que la technologie résolve tout, nous voulons que tout aille plus vite, de plus en plus vite.

Nous évoluons dans un univers qui se complexifie de plus en plus au fil des avancées technologiques. De grandes entreprises commencent déjà  à  définir le monde. Elles sont économiquement si puissantes qu’elles imposent leurs normes à  tous les étages de la société, de nos vies personnelles à  nos vies professionnelles, on ne peut plus évoluer sans se confronter consciemment ou non à  leur présence.

Depuis les années quatre-vingt, un processus idéal est en cours au niveau du travail intellectuel de routine. De nombreuses entreprises ont réorganisé totalement leurs processus de travail sur la base des avantages technologiques en éliminant les procédures routinières. Les effets de la Révolution Digitale sur l’organisation et la conception du travail seront tellement marqués que certains analystes, comme Jeremy Rifkin * par exemple, envisagent sérieusement l’hypothèse de la « fin du travail », ou en tout cas, la « fin de la profession ». L’un des aspects de la Révolution Digitale est le processus de virtualisation. Nous nous détacherons de plus en plus de toutes les taches qui nous paraissent inutiles.

Notre monde à  l’apparence si réelle devient un site archéologique ou chaque mouvement devient un rapport à  l’information *, à  l’histoire. Nous sommes face à  un univers ou la quantité de réponses disponibles à  chacune de nos requêtes augmente si vite qu’il devient impossible de gérer de telles quantités de connaissances. On arrive au stade où il est très important de contrôler l’information , il faut arriver à  modéliser la connaissance afin d’être en mesure de la maîtriser. Nous devons sans cesse nous référer à  l’archéologie des pratiques, à  l’archéologie des relations, à  l’archéologie des lieux. La vie développe un espace qui n’existe pas. Un espace qui se situe entre le réel et le cyber réel *. Nous entrons dans une phase de l’histoire où nos actes commencent à  ne plus agir directement sur le monde réel. Nous agissons sur des informations, nous interagissons avec des réseaux. Lors d’un débat pendant le Colloque « 25 images / secondes, l’après télévision », Roy Ascot * notifie que le monde réel devient une partie de l’histoire et que l’on se met à  le visiter comme le ferait un archéologue où le corps se transforme en un complice qui existe entre le réel et le virtuel, entre le réel et l’information.

Entre les hommes se développe à  une allure inimaginable un réseau informationel. Considérons simplement l’effet de ce type de réseau sur la vitesse de transfert du savoir, ainsi que sur la rapidité de l’évolution culturelle et technologique.

Avant l’invention du mot écrit, il était impossible de codifier le savoir, et donc de conserver le savoir à  travers le temps. « Lorsqu’un vieil homme meurt, disait un Africain, c’est une bibliothèque qui brà»le ». Durant la période précédant l’invention de l’écriture, tout progrès dépendait de la capacité du cerveau à  mémoriser, et ainsi l’évolution était forcément lente. Avec l’écriture, et spécialement avec la production massive de livres, le savoir est devenu indépendant de son vecteur, et le savoir s’est libéré du temps. Mais pas encore de l’espace, car la transmission du savoir dépendait encore de la disponibilité du support physique, le livre, combien, de trésors de notre histoire, de notre savoir sont-ils partis en fumée?
Actuellement, avec les réseaux informatiques, de plus en plus puissants, et particulièrement parce que la technique est parvenue à  se libérer des lignes téléphoniques , nous assistons à  une libération du savoir par rapport aux contraintes spatiales et temporelles.

Nous pouvons concentrer la connaissance sur un seul et même réseau (global) accessible de tous de partout et tout le temps. Ce sera un lieu virtuel ou l’image contiendra tous les textes, toutes les oeuvres d’art de l’histoire, elle sera la représentation en puissance de la connaissance car cette image se déploie en profondeur et nous entoure, nous enveloppe, cette image est sons, sensations… Elle se rapproche de plus en plus d’une hypothèse de représentation intégrale.

* Jeremy Rifkin, économiste américain est l’auteur de plusieurs livres sur les impacts technologiques sur l’économie, la force de travail, la société et l’environnement. ‟ L’âge industriel, dont nous assistons au crépuscule, reposait tout entier sur le travail de masse. Et le travail de masse, c’est fini. Quelque chose de fondamental est en train de se produire. Jusqu’à  présent, à  chaque fois qu’un pan de l’économie était touché par la révolution industrielle, les travailleurs pouvaient se reconvertir dans de nouveaux secteurs créés par cette révolution.

Ainsi, au siècle passé et au début de ce siècle, l’agriculture s’est effacée devant l’industrialisation, puis celle-ci s’est effacée devant l’émergence des services, les cols bleus sont devenus des cols blancs… Et aujourd’hui, nous entrons dans un quatrième âge, l’âge de l’informatisation, où des milliards de travailleurs vont devenir superflus. ” La fin du travail. Préface de Michel Rocard. Paris, Ed. La Découverte, 1996. En anglais: The End of Work: The Decline of the Global Labor Force and the Dawn of the Post-Market Era. New York, Tarcher/Putnam, 1995.

** Information, n. f. Élément de connaissance susceptible d’être représenté à  l’aide de conventions pour être conservé, traité ou communiqué

*** « [Les technologies utilisées par les médias ont beaucoup évoluées,] les dispositifs de télé présence, le génie génétique, etc. [deviennent tellement communs] que l’on assiste à  une virtualisation généralisée du monde réel. » Norbert Hillaire,  » Le créateur, L’ordinateur et l’oeuvre d’art », L’après télévision, multimédia, virtuel, Internet Valence, du 5 au 8 décembre 1996. Actes du Colloque « 25 images / seconde ». Le monde diplomatique. http://www.lemonde.fr, samedi 17 octobre 1998.

**** Roy Ascot, Artiste et théoricien de l’art télématique, op. cit.

Jacques Perconte, La Relativité Numérique, mémoire de maitrise d’arts plastiques, avant-propos, 1998, direction Sylviane Leprun, Robert Vergnieux.

 

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