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Posté le 3 juin 2012 dans évènements, Satyagraha Paname -> lien permanent
Séance Spectrale II, Cinéma La Clef, Paris

Le jeudi 14 juin à 20h30

Séance pensée et présentée par Gabrielle Reiner et Laurence Rebouillon

Impressions fantomatiques, interprétations fantasmagoriques, spectres optiques et sonores en recomposition et décomposition intempestives, diffractions de temps passés, hallucinations sensorielles, expériences mémorielles. Venez vous laisser hanter par ces impressions spectrales !

Kick that habit man ! / François Miron / 2007 / 2mn

Ville Marie / Alexandre Larose / 2010 / 12’30mn

Zentrale / Dietmar Brehm / 2009 / 9mn

Spectral Cycle / Robert Todd /2009 / 5mm

SatyagrahaJacques Perconte / 2009 / 5mn

Disorient / Florence Aigner et Laurent Van Lancker / 2010 / 36mn

+ EL KINO UP YOUR YEARS ! de Metalking

4€/5€ 
Cinéma La Clef,
34, rue Daubenton, 75005 Paris, M. Censier-Daubenton

Les films de ces deux séances proposent de faire l’expérience de perceptions  inattendues. Le spectateur découvre des images informes où couleurs et figures ne sont plus forcément liées et se brouillent. La bande-son redouble ces impressions fantomatiques. Souvent asynchrone avec l’image, elle est à découvrir autant comme élément sonore qu’élément narratif. L’aspect acoustique, la dimension atonale, ou « le bruit de la langue », concurrencent une recherche d’exactitude sémantique. Le son vient hanter et démultiplier la perception visuelle déjà équivoque.

La notion de spectre apparaît au cœur de ces films de manière analytique. La potentialité de présences fantomatiques advenues ou à venir n’est en fait que la décomposition et la recomposition de spectres lumineux et sonores. La bande son est à voir comme une « musique spectrale » qui se répercute à l’image de manière chromatique. Les couleurs se diffractent, le noir et blanc cohabitent parfois avec les couleurs du spectre optique pour n’exprimer que l’absence ou la présence de l’intensité de la lumière.

Emporté dans une expérience qui l’implique de manière optique et auditive, c’est-à-dire physiquement, le spectateur retrouve implicitement et à rebours l’origine illusionniste du cinéma. Les fondements du réalisme cinématographique ainsi questionnés amènent le spectateur à ressentir la représentation photographique pour ce qu’elle est : une image « spectrale », et lui montre son envers, sa texture tangible argentique ou numérique.

La découverte spectrale de ces « corps » et de ces « voix » convoquent les interprétations fantasmagoriques. Nos attentes perceptives tant visuelles que sonores s’effritent et nous obligent à tisser des liens avec nos souvenirs en suggérant des interprétations polyphoniques. Le rythme de ces films invite et incite à retrouver une pensée visuelle à travers une expérience impressionniste forcément intempestive. Le fantastique se subjectivise pour devenir hallucination sensorielle. Le temps de l’œuvre et celui de sa réception ne font plus qu’un.

 Ces traversées spectrales proposent au spectateur la vision d’un temps passé. Le cinéma est une machine à remonter le temps. Un temps à retrouver qui est celui stratifié de l’acte créateur. Le cinéaste est à voir comme le premier spectateur de ses images en mouvement qui passe le relai au public. Ce dernier doit abandonner toute logique de reconnaissance pour retrouver un rapport au cinéma de l’ordre de l’exploration et de la réflexion et non de l’identification.

Le rapport au récit devenu spectral nous rappelle que le temps passé est lié à notre mémoire qui est forcément évanescente. Les deux termes homonymes, le spectre physique (autant visuel que sonore) et le spectre « fantomatique » se font écho. Tel un ruban de Moebius, la réception de ces films propose un rapport au réel méditatif et libertaire.
Gabrielle Reiner

 

 

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