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Posté le 27 juillet 2007 dans ici et là dans le monde -> lien permanent
La Jeune Fille De L’eau

La jeune fille de l'eau

Je vous livre quelques réflexions sur un film, sur la société, sur la critique de cinéma. La jeune fille de l’eau est un film qui m’a touché parce qu’il m’a montré des êtres qui ont la foi en des dimensions de l’homme et du monde que beaucoup refusent et distancient par la pensée, par le jeu et par le gaspillage. Non pas que ce film soit austère, on l’a dit sans humour, je n’ai même pas remarqué. Mais il plane au-dessus du fantastique et de l’effet du cinéma des lumières. Qui si nous les voyions plus souvent pourraient se matérialiser et aider nos âmes à  briller un peu plus.

Les héros

Cela fait plusieurs jours que j’avais envie de voir ce film : la jeune fille de l’eau (Lady in the water). Il y a dans le cinéma de M. Night Shyamalan quelque chose qui m’attire, mais pas encore franchement. J’appréhende ses films. Ils font peur. Ils sont étranges. Il y a une face sombre qui tourne le dos à  ce que j’aime, c’est difficile à  expliquer. Il y a le jour et la nuit qui se débattent dans ce cinéma, le mal et le bien. Le mal, naà¯f, profondément ancré dans le mythe vient menacer le bien supporté par l’amour inconditionnel et la foi. L’homme est face à  ses faiblesses, il se trompe, il doute. Mais les héros de M Night Shyamalan se dépassent, ils se surpassent, ils croient et trouvent finalement par cette voie leur liberté…

Cinéma fantastique

C’est merveilleux de voir le cinéma se nourrir de fable où l’amour est ce qui tend tout l’univers. Je regrette de ne pas l’avoir vu au cinéma. À quoi sert le fantastique là  ? Il rappelle que dans le monde des choses dépassent la compréhension des hommes, des choses sont lointainement ancrées dans des croyances et se sont baladées à  travers les âges en glissant de mythes en contes… L’homme a oublié beaucoup de choses, il s’est enfermé dans ses sociétés en se coupant de ses croyances. Il a désappris à  croire.

Critique de la critique

Je reviens encore une fois sur la critique de cinéma. Là  je n’ai pas été lire avant de voir le film ce qui s’était dit. J’y ai été après l’avoir vu parce que je voulais réagir et partager. Bien sà»r j’ai été assez surpris des réactions générales. De quoi parle-t-on dans la critique ? Du film en tant que film, en tant qu’objet dont l’expérience est liée à  la perception intellectuelle de la proposition formelle remise dans le contexte du travail de l’artiste (c’est de l’histoire de l’art ?). La plupart des critiques répondent à  la question : qu’est ce film qualitativement et théoriquement dans l’histoire des films de M. Night Shyamalan ? Nous sommes fous. On parle de l’histoire et de ses défauts, du manque de véracité de certaines situations, du manque d’inspiration, du contexte de production… Mais on ne voit pas le film. La critique est de plus en plus un exercice qui se rapproche de la philatélie. On s’éloigne du sujet. La distance devient telle qu’on ne touche plus que les bords du film, sa forme, son image, en restant loin…

Être proche de soi

On pourrait croire que les personnages de ce film sont assez simples. Mais ils sont tous honnêtes et conscients. Ils ne sont pas pris dans des rôles qui attiseraient l’architecture sociale à  laquelle ils appartiennent. Ils prennent leur place en revendiquant leurs réalités sans surenchères. Ils vivent le monde. Et quand le fantastique pointe son nez, ils ne le mettent pas en doute, ils ont envie de croire. Ils sont bien loin des critiques qui ne savent pas où se placer par rapport au film et qui même, si certains ont du avoir l’envie de croire, se sont sentis intimement forcés à  analyser formellement ce que cet objet cinématographique tisse par ses signes et son langage. à‡a, c’est vraiment ne pas être proche de soi.

Ce que la société permet aux hommes

Ce que les critiques vivent (et d’autres) c’est l’éloignement. Parce qu’ils ont construit des outils mentaux qui leur permettent de porter des jugements qui ne leur sont pas propres, mais qui sont scientifiques. Ils se tiennent à  leurs approches techniques des choses. C’est exactement ce que refusent les protagonistes de ce film. Évidemment on pourra noter et commenter des clins d’oeil au cinéma dans le film lui-même. Mais les ramener à  une mise en abîme c’est refuser le fond. Et puis le faire c’est échapper à  ce qui est fait. Le film, langage écrit, raconte. L’analyse syntaxique ne délivre pas le contenu. Elle en protège. Les personnages ici se livrent au mystère, dès qu’il pointe son nez ils agissent dans la foi, ils ont envie de voir leur société comme un réseau de personnes disponibles et là  pour les autres chacune avec ses connaissances et ses pouvoirs. Cette logique leur parait naturelle. La dialectique qui sous-tend les mouvements de ce film elle celle là  même du vis-avis de ceux qui croient et vivent des éléments et de ceux qui veulent comprendre les éléments pour croire et qui vivent dans la quête de cette compréhension.

Cosmogonie

Ce film met en scène un mythe fondateur. L’histoire du monde et de l’homme. On dit des sociétés archaà¯ques qu’elles vivaient (et vivent) dans la répétition de ces mythes, dans la fête de ces origines. Les hommes répétaient l’histoire. La jeune fille de l’eau est la nymphe qui est revenue de l’origine fraîche de son innocente jeunesse pour que les hommes d’aujourd’hui se relient à  nouveau eu divin. L’univers à  ses règles. Le seul à  s’être échappé des lois du monde et de vivre sa marginalité dans l’effroi et le gaspillage c’est l’homme. Ce film souffle le besoin que les hommes devraient avoir : retrouver leur place dans la nature. Reprendre une position dans l’univers parce que même si nous sommes sur la dérive et que nous entendons nous libérer de ses lois pour les remplacer par les nôtres. Nous restons là , emportés par le tourbillon des choses. Impuissants à  échapper à  la nature. Ce n’est pas parce que nous avons fondé nos sociétés que nous somme sen dehors du monde. Nous devons y croire.

L’avenir n’est pas dans la réussite en société ni dans l’égo. Nous sommes portés par le sentiment d’exister. Nous sommes à  sa recherche sans cesse. Nous le cherchons autour de nous. Dans les interactions avec les autres, dans des apparats sociaux… Trouvons-le en nous.

La jeune Fille de l’eau, 2006, de M. Night Shyamalan.

Synopsis : Cleveland Heep (Paul Giamatti) a tenté discrètement de se perdre à  jamais dans les abysses de son vieil immeuble. Mais, cette nuit-là , il découvre dans le sous-sol de la piscine une jeune nymphe sortie d’un conte fantastique. La mystérieuse Story (Bryce Dallas Howard) est poursuivie par des créatures maléfiques qui veulent l’empêcher de rejoindre son monde. Mais grâce à  ses pouvoirs, elle révèle à  Cleveland et aux autres occupants de l’immeuble que le sort et le salut de chacun sont étroitement liés aux siens. Pour l’aider à  regagner son univers, ils vont devoir décrypter une série de codes et affronter les démons. Le temps presse : d’ici la fin de la nuit, leur destin à  tous sera scellé… Après Le Village, Signes, Incassable et Sixième Sens, M. Night Shyamalan adapte ici un conte fantastique, tel qu’il le racontait le soir à  ses enfants. La Jeune Fille de l’eau, nous offre un merveilleux mélange de rêve et de réalité.

 

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