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Posté le 17 mai 2006 dans ici et là dans le monde -> lien permanent
La Force De L’art

la force de l'art, 2006

Où en est l’art contemporain ? La question agite les esprits et en énerve plus d’un. Chacun y va de son idée, de son enthousiasme ou de sa critique. De ses préjugés même. Si au moins il y avait des mouvements auxquels on pouvait se raccrocher. Mais rien, pas de pensée unique ou d’esprit de chapelle, juste un réseau d’artistes qui, chacun suivant leur propre personnalité travaillent en solitaires. Artistes de toutes nationalités, aux cultures et aux origines diverses mais créant en France…

C’est comme ça qu’est introduite l’exposition dans le livret qu’on distribuait au vernissage… Où en est l’art contemporain ? Je crois que beaucoup sont d’accord pour dire qu’il n’en est nulle part. C’est un marché, un jeu d’institutions, plus que jamais le public n’est pas concerné par cette question. La question agite ? Non je ne crois pas que la question agite ceux qui ne sont pas concernés par ce milieu, et c’est qui ? Quelques collectionneurs, certains commissaires, beaucoup de théoriciens, énormément d’artistes… Chacun y va comme il peut ? Je pense que beaucoup y vont le coeur ouvert s’attendant à  croiser quelques émotions, prêts à  ressentir quelque chose. Mais l’art contemporain s’adresse à  l’art contemporain. On dit que les historiens de l’art, les penseurs n’ont pas assez de recul sur notre époque et ses production pour bien expliquer ce qu’il y a à  voir, montrer à  quel point ces artistes sont là , justes par rapport à  leur temps… certainement, mais hors des convenances, à  qui s’adresse cet art ? Qu’y a-t-il de là  î j’y reviendrai. Si au moins il y avait des mouvements ? Si au moins ça bougeait vous voulez dire ? Mais non, les gens ne cherchent pas à  rattacher, évidement ils reconnaîtraient plus facilement ce qui découlerait de choses déjà  vues et établie. Mais il ne faut pas sous-estimer le public. Si il vient c’est qu’il est curieux, qu’il à  le désir de voir des choses nouvelles. Qu’y a t’il ? Qu’as-tu vu de beau ? De beau ? C’est ce que m’ont demandé ceux que j’y ai croisé î qui étaient là  invités pour la propagande, ils n’étaient pas concernés par ce qui se passait et pourtant ils se posaient la question : où en est l’art contemporain ? Mais le beau n’a plus de valeur dans l’art contemporain non ? Et le joli ? non plus? J’ai de la chance parce que j’ai vu des choses très belles, des peintures î Opalka, Messagier, Bustamente, Morellet, Alberola, Soulages,… Par contre je n’ai pas été capable de lire ce que les commissaires proposaient, trop flou, trop intellectuel, je n’ai pas envie de voir dedans je crois, j’ai du avoir cette envie quand ma pratique en était à  ses balbutiements, je cherchais les fondements du geste et de l’idée, leurs perspectives et leurs impacts. Mais finalement, à  force de fouiller et de penser j’ai fini par me rendre compte que je pouvais raconter n’importe quoi et que plus la démagogie intentionnellement positive î plus le discours bercerait mes auditeurs, plus mes travaux étaient appréciés de mes contemporains. Mes belles paroles suffisaient. Seulement on me parlait de ce que je disais, personne ne regardait avec son coeur. J’ai envie que les gens éprouvent, qu’ils s’expriment, qu’ils aiment ou détestent, pas qu’ils ne comprennent pas … Ici, il y a ceux qui regardent sans les sous-titres, et ceux qui suivent le guide. Et sans le précis d’analyse on passe à  côté de beaucoup de choses. Voilà  où en est l’art contemporain, pour ceux qui se posent la question. Il a perdu son autonomie. Il ne touche plus que ceux qui y sont. La majorité des artistes n’écoute plus son époque, il la pense, seul, en solitaire, baigné dans le flou artistique général. Ce n’est pas que ce n’est pas bien. C’est que je n’y vois pas grand-chose et pourtant je regarde avec attention, j’attends des explications, je retiens mes jugements, mais je vois beaucoup d’esquisse, de choses pas vraiment là  devant moi. Isabelle dirait certainement qu’il n’y a pas grand chose de conscient. Il y a beaucoup de redites, de formes que j’ai déjà  vues, sans doute plus belles, sans doute dans des livres d’histoire de l’art, sans doute dans les années 70/80, mais sans aucun doute, plus virulentes, plus énergiques, plus présentes, plus forte. La force de l’art se dissipe.

Vraiment j’ai envie de vous dire d’y passer une demi-journée. C’est ce qui est. Cette force internationale créative que l’on affiche. Il faut que vous vous fassiez votre propre idée. Que vous la revendiquiez…je dois y retourner, pour une visite guidée… Il y a beaucoup de choses à  voir.

La force de l’art, Du 10mai au 25 juin, de 12heures à  20heures, dans la Nef du grand Palais, Avenue Winston Churchill, Paris, 8e

Sur flickr : mes images du vernissage de la force de l’art, et ces 424 images de Marc Tallec autour du montage du Bunker et aussi du vernissage.

 

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