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Posté le 16 octobre 2003 dans ici et là dans le monde -> lien permanent
Dictatorship Of The Viewer

venise, septembre 2003

Venise sous la pluie, le Lion dort. 50th International Art Exhibition. Arrival, 2003, september…. Je descends le quai de la gare, je m’avance vers le canal, je suis trempé : Biennal Di Venezia, Dreams & Conflicts. C’est la première fois que je viens seul à  Venise, c est la première fois que je viens et qu il pleut. Dans quatre jours, je dois être à  Berlin, je ne sais pas si je vais avoir le temps de voir tout ce que j’ai prévu. [?] Les heures de marche et de déambulation le long des tableaux, des sculptures, des installations s’accumulent. Je regarde attentif tout ce paysage de l’art.

Comme souvent, il y a une ou deux pièces qui me touchent plus que les autres. Ce qui prime c est l’expérience que je vais avoir, c est encore ce que je cherche : une relation dans le temps.

Giardini/ Delays and Revolutions. Tout est trop près du reste. Une pièce sombre. Jonas Dahlberg, installation vidéo, un film vidéoprojetté. Sans doute la vue subjective d un ascenseur qui irait de bas en haut, de gauche à  droite et ainsi de suite dans un immeuble sans fin. En noir et blanc, assez lentement, je me perds, je reste figé devant ce parcours où finement je n’attends rien d’extraordinaire. Le temps s’ ouvre et au milieu de cette profusion d ‘oeuvres hétéroclites, il y a un trou béant. Il m’aspire. Pas de couleur, le son est aussi sombre que l’image. Quelques têtes passent par là  mais dans l’absence de nouveauté phénoménale, le public passe, il n’a peut-être pas le temps de rester ici plus longtemps, certainement, qu’il a réussi à  tout saisir du premier coup. Je suis lent.

Plus loin, dehors, Santiago Serra a fait condamner le pavillon espagnol. Il est muré, des tracts de ce qui s est passé l’année précédente traînent dans les recoins, tout à  l air d être abandonné, état de crise ? le mur est brut, imprécis, gris. En contournant le pavillon ?en passant par la boue, je me retrouve face à  deux policiers, armes au poings qui me demandent mes papiers, seuls les ressortissants espagnols munis d un passeport en cours de validité sont autorisés à  pénétrer? Je ne me sens pas rejeté comme la plupart des gens que je croise et cela m’ amuse, c est la première fois que je ris un peu depuis que je suis arrivé, finalement, cette subversion est bien molle, mais elle fait mouche?.

Quelques pavillons plus loin, je pense encore à  ce qui se passe ici, que se passe-t il ? Les années 70 sont bien loin, peut-être que tout est devenu trop facile, trop rapide, la société nous endort. Il n’y a rien ici qui ne me fasse peur, qui soit surdimensionné – à  Kassel, il y a si longtemps, sur les rives de la Fulda, Claes Oldenbourg a planté une pioche en fer de dix mètres de haut. Il y a de belles oeuvres, je ne remets pas en cause la qualité plastique de beaucoup des productions, mais si elles sont en adéquation avec notre époque, moi je ne le suis pas. L’homme n’a plus qu’une place sociale, socioculturelle, sociocultuelle même?, il n’y a plus grand chose de gratuit, de magique, de spirituel.

 

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